Une petite fille arrive à l’école avec un gros bandage autour de la tête. Interpellée, la maîtresse lui demande :
A midi, l’excellent repas que j’ai pris était accompagné d’un vin périmé… Comme tous les produits de consommations, il y a maintenant la date limite de consommation sur l’emballage.
Pour la bouteille de vin, c’était marqué 1996 ! [1]
[1] Je sais, elle est nulle, mais je l’ai inventée aujourd’hui et il faut bien qu’elle reste pour la postérité
Seconde expédition prévue cette année : les masters de tennis. J’ai du bol, j’y vais pour les demi-finales… surtout ne pas oublier de prendre
Deux heures du matin, il est tôt mais j’ai vraiment sommeil et je vais me coucher… Je suis en vacances et rien n’est vraiment programmé pour le lendemain, j’ai donc tout mon temps . Je vide les cendriers, j’ouvre les fenêtres pour éviter que l’odeur de tabac froid me fasse vomir demain, je donne à manger et à boire aux chats, je vérifie que la porte est bien fermée, je prépare ma sélection musicale pour la nuit, je me brosse les dents, enfile mon pyjama et hop, me voilà au lit.
Le sommeil ne tarde pas à venir, ce qui signifie que j’étais vraiment fatiguée. Je m’endors vite avec comme seul regret pour la journée qui vient de passer d’avoir oublié de préparer le café pour le lendemain.
Au réveil, une sensation bizarre ! il n’y avait pas de bruit ! j’ai cru d’abord que je n’avais dormi que deux heures, qu’il faisait encore nuit mais la lueur qui traversait les rideaux de ma chambre m’ont tout de suite convaincu qu’il faisait jour, bien jour.
Pas de chants d’oiseaux, pas de bruit de vent dans les feuilles ! et les chats avaient un drole de comportement : ils couraient partout, ouvraient des yeux apeurés. Je me suis dit : il doit y avoir un truc grave, genre un incendie pas loin et ils le sentent. Je me suis précipitée à la fenêtre, à chaque fenêtre de l’appartement pour voir s’il y avait de la fumée et sentir s’il y avait une odeur de brulé. Rien de tout ca, tout avait l’air normal, mis à part ce silence de la nature.
Petit déjeuner rapidement englouti, comme d’habitude, et après le toilettage du matin je me remets à mes occupations informatiques, écouter de la musique, jouer à mes jeux, récupérer mes mails, virer les spams tout en pensant que je devrais faire un peu de ménage dans la baraque.
Tout à coup, tout se coupe : plus d’internet, plus de téléphone, plus de courant. En temps normal, je ne me serais pas inquiétée, ca arrive de temps en temps ! mais avec cette sensation bizarre du matin, une angoisse m’envahit : il se passe réellement quelque chose. Alors, comme on me l’a appris lorsque j’étais petite, j’allume ma radio qui fonctionne sur pile (heureusement, je savais où elle était dans tous le fratras de la maison) et j’écoute les informations.
Je comprends pourquoi je me sentais bizarre depuis le matin, il se passe vraiment quelque chose, cela se sent à la voix du présentateur radio, un truc ne tourne pas rond.
Puis l’électricité revient et j’allume donc la télévision… Au début, je croyais regarder un film catastrophe comme savent le faire les américains : des images défilaient sur l’écran, des images de personnes qui fuyaient je ne sais quoi avec des valises plein la voiture… j’ai laissé machinalement le film se dérouler, espérant la publicité, seul moyen d’en savoir le titre, puisque je n’avais toujours pas de téléphone et donc pas d’internet pour vérifier les programmes du jour.
Et j’ai vu le flash d’information qui défilait en bas de l’écran : Un raz de marée était prévu pour les heures qui suivent et menacait d’engloutir une grande partie de l’europe… D’après les estimations des scientifiques, la catastrophe serait pire que le tsunami ! Tous les armées confondues organisaient les évacuations mais difficile de prévoir pour le moment quelle partie ne serait pas ou peu touchée par cette vague immense.
Voilà donc à quoi ressemble la fin du monde ! Tu n’as pas le temps de penser en fait … cette histoire de voir défiler les images de ta vie, c’est du toc, tu n’as pas le temps de penser à ca. En fait, tes pensées sont très égoïstes au début : tu te dis : Je dois emporter ceci avec moi et cela et encore ca… puis tu te rends compte que tu ne peux pas, c’est trop lourd et qu’il faudra peut-être courir vite longtemps et loin pour t’en sortir, parce que tu vas t’en sortir, tu es le plus intelligent, le plus débrouillard du monde. Puis la panique arrive : je ne veux pas finir engloutie par des tonnes d’eaux pour qu’on retrouve mon cadavre dans quelques jours gorgé de flotte, bouffé par les rats. J’ai toujours cru que j’allais mourir de vieillesse, entouré de mes enfants et de mes petits enfants, de mes petits-petits-enfants… jusqu’à au moins la 5e génération. Quelle désillusion ! Je vais en fait mourir là, à cause d’une vague créée par les multiples pollutions de tout le monde. Le réchauffement de la terre n’était donc pas une utopie inventée par des soi-disants écologistes pour affoler la planète et trouver une célébrité en s’engageant sur le catastrophisme à outrance. Il faut que les gens aient peur !Et si j’avais fait attention à ma consommation électrique, et si j’avais favorisé la marche à pied et le vélo pour les petits trajets, et si je m’étais déplacée en bus, en train au lieu de prendre me faire conduire par des amis (puisque je n’ai pas le permis), et si j’avais fait attention à mes déchets, si je les avais triés comme ils disaient, il y aurait eu moins de gaz toxiques qui auraient pollué l’air et la terre, empechant les arbres de pousser et de faire leur travail d’arbre, à savoir retenir l’eau. Non, j’ai fait comme tout le monde, profitant de tout à outrance et maintenant je vais mourir là. Si je pouvais revenir en arrière en sachant ce que je sais, je ferais surement attention et peut-être que cela ne serait jamais arrivé.
Je ne peux pas appeler ma famille, je n’ai pas de téléphone, je ne peux pas faire une bise à ma fille, elle est loin. Peut-être qu’elle essaye de me joindre aussi. Je sais qu’elle ne peut plus venir me voir, que les routes sont bloquées. Je suis là, seule, à ma fenetre à me demander quand ca va arriver, où ca va commencer et quels dégats. Parce que je sais que maintenant c’est trop tard pour fuir. Les informations sont floues, on sait que ca va arriver, mais on ne sait pas quand et on ne sait pas où. Alors fuir ? L’ironie de la situation me fait sourire… mais très vite, mon sourire se fige. Dans la vallée où je vis, il faudrait un miracle pour que la flotte ne recouvre pas tout. Donc, obligatoirement, tout est mort ! Mes chats, moi… on ne retrouvera rien du tout. Et là, la colère me prend ! Ils le savaient, c’est sur ! C’est impossible de ne plus prévoir ce genre de catastrophe avec les progres de la technologie. Ils pensent surement à sauver des gens qui sont plus importants que nous.
De toutes facons, je ne peux plus rien faire, je n’en ai pas les moyens, je ne suis pas une personne puissante, je ne suis qu’une pécore du fin fond d’une vallée oubliée par les trains et les cinémas. Je vais crever…
Une clameur angoissante arrive au loin. Il y a bien longtemps que la radio s’est tue, il y a bien longtemps que l’électricité s’est éteinte et avec elle le dernier moyen de briser le silence… Et toute dans mes pensées, je n’y avais pas fait attention mais elle est là cette clameur, ce bruit, ce son … Inquiétant mais réaliste ! Je sais maintenant que c’est pour bientot, très bientot meme. J’entends des cris au loin, mes chats ne tiennent plus en place. Ils courent le long des fenêtres mais ne peuvent pas s’enfuir.
J’aurai vécu une belle vie en dépit de tout. Pas de regrets, de toutes facons c’est trop tard, pas de remords non plus et puis si c’était pour en arriver là …
Alors, je prends mon ordinateur, seul compagnon fidèle de ma solitude…. il est rien du tout mais tellement tout pour moi. Je prends mon ordinateur, le serre contre moi comme s’il s’agissait de ma fille, je m’asseois à la fenêtre et je regarde au loin, les yeux dans le vide.
Le bruit se rapproche de plus en plus et il n’y a pas de doute possible, c’est de l’eau. Rien ne l’arretera, c’est la revanche de la nature sur la bétise de l’homme. Elle reprend ses droits.
Et j’attends. Dans la cour, en bas, l’eau monte.. elle a dépassé le toit des toilettes de l’école, elle arrive au niveau du premier étage, des classes. Je me doute de tout ce qui doit etre sous l’eau maintenant. Fini la vue qui me plaisait tant le matin, fini de voir le clocher de la mairie juste entre les deux batiments de l’école sainte céline.
Je commence à recevoir des gouttes d’eau sur mon visage. Il sera totalement foutu mon ordinateur, mais je ne le lache pas. De l’eau coule sur mon visage. De l’eau ? des larmes ? je n’ai plus le temps de me poser la question. C’est fini. Devant moi, un arbre qui commence à disparaitre, il ne reste plus que les feuilles. Et l’école qui disparait. L’eau me chatouille les pieds.
Je ferme les yeux. Ma vie défile devant moi.. les bons moments, les mauvais moments, les rires, les pleurs, les amis que j’ai perdu de vue, ceux que j’ai retrouvé, ceux que je ne retrouverais jamais. L’eau monte de plus en plus ! dommage que l’escalier qui mene au toit est bloqué par un cadenas énorme, j’aurai pu voir avant de mourir. Il y a trop d’eau, je commence à suffoquer. Je ne veux pas lacher mon ordinateur. L’eau arrive à hauteur de poitrine. Je ne bouge plus, je sais que devant moi, il y a 10 metres d’eau en profondeur. Derriere moi, c’était mon appartement, celui que j’avais du mal à ranger. Et je la vois ! la vague. Je prends une grande respiration, une dernière respiration, ma dernière respiration et je bloque tout dans mes poumons.
Difficile de rester sans respirer. je suffoque ! je veux garder cet air le plus longtemps possible, en profiter comme la dernière olive dans le bocal. Une quinte de toux arrive du fond de ma gorge. Je me force, je ne veux pas expulser l’air, c’est le mien encore pour peu de temps. La vague arrive, je me débats… tout est fini.
Alors, je me penche en avant et je glisse dans l’eau
Et je tombe du lit.
mais t’es folle !!! tu vas me faire pleurer
trèfle de plaisanterie : j’espère que ton lit n’est pas superposé…hihi
A tout à l’heure, au paradis !!
DIDDLINA