Une petite fille arrive à l’école avec un gros bandage autour de la tête. Interpellée, la maîtresse lui demande :
A midi, l’excellent repas que j’ai pris était accompagné d’un vin périmé… Comme tous les produits de consommations, il y a maintenant la date limite de consommation sur l’emballage.
Pour la bouteille de vin, c’était marqué 1996 ! [1]
[1] Je sais, elle est nulle, mais je l’ai inventée aujourd’hui et il faut bien qu’elle reste pour la postérité
Seconde expédition prévue cette année : les masters de tennis. J’ai du bol, j’y vais pour les demi-finales… surtout ne pas oublier de prendre
Au détour d’une promenade, il lui est apparu évident que tout devait changer et très vite. Il n’était plus possible de vivre continuellement dans le souvenir et dans le passé, il ne fallait plus ressasser ces souvenirs qui freinent l’épanouissement quotidien. Oui, il s’est passé des choses, graves, mais qui en a cure maintenant ? Les protagonistes ont tous refait leur vie, avec plus ou moins de succès, certains ne se souviennent surement plus de cette histoire qui continue à hanter son passé, sa vie.
Finalement, elle est la seule à se punir de ce crime et cela l’a empêché de vivre une vie plus que normale, préférant s’enfermer dans une solitude pendant plus d’un quart de siècle. Professionnellement, ça va, mais qu’en est-il de la vie affective, familiale ? Le néant total, l’absolu vide, le trou noir. Sur combien de doigts de la main peut-elle compter les personnes sur lesquelles elle peut avoir confiance ? C’est là qu’elle se rend compte que le passé a pourri sa vie. Elle n’a confiance en personne, pas même en elle. Vous en voulez une preuve ? Qui connait réellement sa vie ? qui connait son histoire ? Personne.
Une anonyme parmi d’autres milliards d’anonymes, voilà la destinée à laquelle s’est astreinte pendant longtemps. Mais une anonyme a quand même besoin de reconnaissance, ce qui quelque part est assez conflictuel. Et peut mener à la folie parfois. Et cette folie, elle n’en veut pas, elle n’en veut plus. Elle a payé sa dette à la société, à la vie, elle a peut-être droit à une autre chance maintenant.
Pourquoi fallait-il que tout se passe ainsi ? Elle n’a rien voulu, elle était jeune, peut-être pas innocente, mais jeune. A ce titre, elle a droit à une prescription de la vie, elle a droit au pardon. Il n’est jamais venu, de personne. Pas même d’elle. Elle a longtemps cherché à réparer, mais on ne peut pas revenir sur le passé, on peut choisir de vivre avec le poids du secret, on peut choisir également de l’oublier. Mais elle ne pouvais pas oublier, elle le voit tous les jours, il la hante, il est tatoué en elle. Il a construit sa vie, ou plutôt, elle a construit sa vie autour, en le cachant soigneusement autour de couches futiles d’actions.
Comment pouvait-elle s’intéresser à quelque chose ? C’était impossible. Le passé revenait prendre la place qui était la sienne, le premier plan. Rien d’autre ne pouvait avoir d’importance à ses yeux que le combat incessant contre un désespoir subconscient et insidieux. Du coup, tout devient superficiel, le passé est là pour lui rappeler qu’il ne faut pas qu’elle ait confiance en elle, en personne, en rien. Et on ne bâtit pas une vie sur rien. Jamais, ou alors pas longtemps.
Aujourd’hui le passé semble avoir compris qu’il devait rester en arrière, qu’il n’y avait rien de plus terrible que de vouloir prendre la place du présent, en encore plus du futur. Il ne s’estompe pas, après tout, elle vit avec depuis 30 ans. Mais il lui donne presque la permission de regarder devant.
Est-ce bon signe ? Est-ce un mauvais signe ? Elle en est consciente, en prison, le condamné à mort a droit à une dernière volonté… Est-ce son cas ? Et quelle serait cette volonté ?
Cette longue pénitence l’a fait passer à coté de tellement de choses qu’elle ne peut pas rattraper … on ne peut pas rattraper le temps perdu, jamais
Que lui reste-il donc à espérer de cette vie, finalement ratée ? Les portes sont fermées depuis si longtemps qu’il semble impossible de les ouvrir avant longtemps.
Une chose s’impose à elle enfin. Elle n’est pas coupable, elle n’est pas la seule coupable en tous cas. Et dans cette histoire, elle est aussi la victime, la seule victime, d’ailleurs. Et cela, personne ne l’a jamais pris en compte, seul le le crime a été retenu.