Désolée d’avoir à l’annoncer aussi brutalement !
Alors qu’il était dans un état stationnaire, Raisin n’a pas résisté à sa seconde nuit chez le vétérinaire.
Il est mort ce matin.
On ne sait toujours pas de quoi.
Ah, il est loin le temps où je me battais avec la terre entière pour avoir quelques minutes de connexion.
Récupérer mes mails, récupérer les messages de groupes de discussion, faire quelques téléchargements en tous genre… Avant l’arrivée de l’adsl dans ma vie, c’était un véritable parcours du combattant. Je devais jongler entre la fille qui téléphone à sa copine pour commenter en direct les répliques de Friends, les forfaits téléphoniques (avant ou après 22 heures), les heures gratuites qu’on récupérait ici ou là (M6, Oreka). L’apprentissage était difficile en ce temps-là. Les fins de mois aussi, surtout lorsque je devais payer la note de téléphone : les dépassements de forfaits étaient fréquents et nombreux.
Il s’en est passé de longs mois à économiser la moindre minute de connexion avant que n’arrive le premier forfait. Et bien sur, newbie oblige, j’ai d’abord pris le moins cher ! mais quelle idée saugrenue ! On sait maintenant (même si de plus en plus la technologie avance), qu’il faut pre.ndre le forfait le plus important : lorsqu’on débute, on ne sait pas par où commencer, on hésite, on découvre, on passe donc plus de temps. Et les forfaits ont fini par se multiplier. 10 heures, 20 heures, 50 heures, 100 heures ; plus ca va, moins on compte. Et un jour, l’adsl arrive dans ma vie. Ca parait barbare comme mot ça, l’adsl. Je savais que je pouvais me connecter sans compter, sans me soucier de me déconnecter, sans me soucier du temps passé et surtout, c’était quand même plus rapide. Et là, je redécouvre internet. Fini le temps passé à aspirer les sites pour les lire hors connexion. Je ne sais même plus ce que veut dire le terme hors connexion.
Je me souviens de mon premier voyage dans la prairie après la découverte de l’adsl en France. J’ai hésité à partir, je me voyais mal ne pas me connecter, ne serait-ce qu’une fois par jour. Ah, les premiers jours ont été rudes.
Mais au hasard de mes promenades, j’ai vu écrit « Cybercentre ». Dans ma tête plein d’idées se bousculent : cyber, ca a quelque chose à voir avec l’informatique, c’est sur !
Je passe la porte… une bonne quinzaine d’ordinateurs m’interpellent. Je me dirige vers l’accueil et je pose la question : combien ? et là, oh surprise : 500FCFA de l’heure [1] tiens, c’est moins cher qu’en France ! on en parlera des pays civilisés, tiens.
Alors je me connecte. Je fais le tri dans mes milliers de messages dont 95% de spam (et oui il y en avait déjà) et je m’en vais faire un tour à la plage puisque j’étais en fait là pour ca.
Le lendemain, même scénario. Il faut avouer que dans la prairie il fait très chaud en début d’après midi et que les salles climatisées des Cybercentres ne sont pas inutiles.
Et second bonheur ! je vois un Toubab avec son ordinateur portable qui se connecte, fait son business, se déconnecte, ferme son ordinateur, le met sous le bras et s’en va…
Dring ! une lumière s’allume dans ma tête ! s’il peut le faire, je peux le faire. voici comment j’ai découvert le réseau. Le gérant du Cybercentre a configuré la carte réseau de mon ordinateur pour que je puisse me connecter directement dessus…. on en reparlera des pays civilisés et de leur modem usb.
Quelques années après (2ans, soit l’année dernière), retour aux sources dans la prairie. Bien sur, maintenant je connais cybercentre, je m’y connais un peu plus en réseau mais j’ai évolué… maintenant j’ai linux sur mon ordinateur. Et troisième bonheur… à chaque coin de rue, un cybercentre.. mais surtout, il y en a un à 500 m de chez mon père… même pas besoin d’aller en ville maintenant.
— note personnelle :
convaincre le pater de mettre l’adsl à la maison
— fin de note personnelle
Et puis, vint le wifi… la connexion sans fil. c’est pratique aussi. Pas tant dans la maison ou ca évite tous les fils qui se trimbalent en étoile du modem aux différents lieux où il pourrait y avoir un ordinateur que dans les endroits que je fréquente… quel bonheur de pouvoir se connecter de partout, quand on le veut.
bon, c’est encore utopique, mais pour combien de temps ? D’ailleurs, j’ai décidé de partager ma connexion ! dans très peu de temps, grace au modem FON, je pourrais partager ma connexion avec tous ceux qui passeront dans mon coin. Pourquoi ? parce que je le vaux bien. C’est bien pratique d’en profiter, alors pourquoi ne pas en faire profiter ?
Et puis je pourrais expérimenter le sans fil en me promenant dans la cour pas loin de la maison…
ATTENTION
Je signale que contrairement à tout ce que vous pourriez croire :
Tout ca pour dire quoi ? ah oui : il est loin le temps où lorsque le téléphone sonnait à la maison et que je répondais, la première phrase de mon interlocuteur était : enfin, on peut te joindre, ca sonne toujours occupé
et que dire de la fin des disputes intergénérationnelles qui débutaient toujours par :
RACCORCHE CE TELEPHONE BORDEL, J’AI BESOIN DE ME CONNECTER
[1] 500FCFA=5FF