On nous a toujours dit à cette époque : vous irez vous baigner 2 heures après votre repas. Il ne faut pas se baigner entre midi et 14heures… ils sont fous ? ce sont les meilleurs moments, il fait hyperchaud, les touristes arrivent et balancent des pièces …
Le groupe à l’époque vivait une certaine autodépendance : que l’on soit 1, 2, 3 ou 4, on a toujours quelque chose à faire. Pour l’instant, nous sommes deux. Direction le toit de ma cuisine.
Le toit de la cuisine est l’équivalent de la cabane dans les arbres de votre enfance, vous les toubabs de France. Le toit de ma cuisine permettait de rejoindre la maison voisine et d’aller à la plage sans passer par la porte d’entrée, porte gardée.
Le toit de la cuisine possédait tellement de cachettes qu’il aurait pu servir de planque a tout objet illicite.
Mais le toit de la maison, c’était notre coin secret. Les frangines ne pouvaient pas nous suivre, il était assez profond pour qu’on ne nous voie pas. Et surtout, c’était la planque à clope (d’ou l’inquiétude des pluies nocturnes). les premiers crapotages, et j’t’avale la fumée et je la fais sortir par le nez, ca a surement été sur le toit de la cuisine.
je ne m’épancherais pas sur les chorégraphies des claudettes dans l’arrière-cour du bar de Laurent Ly. Ma réputation de garçon manqué est en jeu. Et je ne voudrais pas être baillonnée. Arrière cour qui servait aussi pour jouer au tennis d’ailleurs.
Le repas de midi, c’est selon.. les pauses étaient de toutes facons très courtes. Et puis, facile de s’inviter chez n’importe qui. Les touristes sont au chevalier des boufflers, c’est la pause. Alors c’est parti pour une partie de cache cache dans les souterrains du canon.
Ces souterrains, c’est un peu comme le toit de la cuisine. On aurait pu y rester des jours et des jours. On domine l’océan atlantique, on peut voir passer les paquebots, on peut voir dégazer les paquebots et parfois, on voit passer des pêcheurs en vedette (salut Carlos) ou des voiliers… Mais c’est aussi de superbes falaises à partir desquelles on pouvait pêcher les meilleurs truites (comme derriere la prison), la peche à la bulle
15 heures, faut retourner au port. Les vrais touristes vont arriver, et les bogosses musclés nous feront monter sur la chaloupe pour plonger de la cabine du capitaine. Cavalcade dans les rues de Gorée, course sur l’embarcadère et plongeon devant la chaloupe qui prépare ses manœuvres pour accoster. Les moins courageux se battent pour récupérer l’amarre. Tout un art
Monsieur, une pièce dans l’eau, monsieur une pièce dans l’eau ?