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Waxtaan
Le groupe Waxtaan a pour objectif de remettre en contact les anciens des lycées français du Sénégal qui après leur passage aux Lycée Jean Mermoz, à l’Ecole Jeanne d’Arc, ou encore au Lycée des Pères Maristes, et après avoir quitté Dakar pour les 4 coins de la planète, se sont perdus de vue.
La Ferté-sous-Jouarre
la ville témoin de mes délires
Goréens, goréennes
dimanche 20 janvier 2008
par LaGazelleN
popularité : 1%

Ceci va être encore un article difficile à écrire.

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Je ferme les yeux… Quelle est la première image que je vois lorsque je pense à Gorée ? Il y en a plein, tellement cette ile a rempli ma mémoire de beaucoup de premières fois. Les premiers amis dont je me souvienne sont ceux que je me suis fait à Gorée. Et même si je les ai tous perdus de vus pendant des années, je vais les retrouver.

Mes souvenirs

Mon premier chéri

Il s’appelait Doudou, on passait des journées entières chez ses parents, dans la cabane du jardin à boire du thé avec les copains. Sa mère était cool, elle laissait fumer tout le monde. Sa soeur, Maimouna avait même défié au lycée un surveillant qui voulait lui interdire de fumer. Elle lui a dit texto : Même ma mère ne m’interdit pas de fumer, alors vous, qui n’êtes pas de ma famille, ce n’est meme pas la peine d’essayer.

Doudou ? c’est celui chez qui j’écoutais Eddy Grant "Gimme hope, Johanna, c’est lui qui avait le disque de Born to be alive. Doudou, c’est le propriétaire du premier radio cassette que j’ai cramé en essayant de le bricoler

Que se passait-il entre mon chéri et moi ? on avait le droit de s’asseoir cote à cote et meme de se tenir par la main. EXTRAORDINAIRE !

Mon apprentissage de la natation.

Je n’avais pas, comme ma soeur à l’époque, de copine qui avait une piscine chez elle, ce qui fait que j’ai appris à nager très tard. A Gorée, c’était facile d’apprendre puisque c’est une condition pour rentrer dans l’eau et suivre les grands sur la tête de mort, au pont D, à la piscine et lorsqu’on a fait ses preuves, avoir le droit de plonger de la chaloupe près du tacoma alors, j’ai demandé. et on m’a appris à nager. Et j’ai rattrapé les années perdues

j’ai appris à pêcher à Gorée.

Je pense que je n’ai pas à expliquer cela : une ligne, un hameçon, un yaboye - et si on n’a pas de yaboye, il suffit de choper un bigorneau, et ca suffit, un plomb ou une pierre si on n’a pas le courage de plonger récupérer tout ce qui traine sous l’eau et c’est parti pour une pêche . Des dorades, des m’bele, des poissons trompettes, des thons, des poissons lunes… Zic se souvient-il que je lui ai fait son premier trou à l’oreille en pêchant ? Et Dominique se souvient-il que j’ai cassé sa canne à pêche en tentant d’attrapper un « docteur » ? Et Beldent se souvient-il de m’avoir aidé à remonter le thon de 4 kg qui m’avait coupé les doigts, moi qui pêchait avec un fil de 5kg ?

Et quand on donnait le poisson à Mame Louise, elle nous en apportait toujours une part cuisinée avec des oignons et ce genre de choses

j’ai appris à ne plus crapoter à Gorée

Ben c’est un peu normal. Des jeunes, des bandes de jeunes, des réunions de jeunes, alors des cigarettes. Et l’endroit rêvé pour les cacher, le toit de la cuisine. On était très kamikaze, à l’époque, on passait par le toit de la cuisine, on arrivait dans la cour du voisin et on sortait pour aller à la plage. et on revenait par le meme chemin. On a pu déjouer les surveillances des gens de la rue. Mais revenons-en à la cigarette. Gardez à l’esprit que tout le monde connaissait tout le monde dans l’ile. Impossible donc de les acheter là-bas. On les achetait donc à Dakar, et on les cachait sur le toit de ma cuisine.

Les marlboros (les rouges, de toutes facons, il n’y avait que ca qui existait). sinon c’était les camélias sports (en cas de désespoir total) les benson & hedges. Mais les marlboros, c’était les meilleures.

Les premières nuits sur un bateau c’était à Gorée

Ah ! Christian Saglio et son bateau le ChristianIX c’était à Gorée. On a dormi dedans, on a écopé, écopé, écopé. Et parole de marin, il valait mieux avoir le pied marin, les tempêtes étaient monnaie courante dans le coin

Les premières boums, c’était à Gorée

Ca, c’est Fio qui me l’a rappelé. LES COLADERAS. Pour les moins doués, ca te fait penser à Dorothée et Ariane dans le ClubDo, à attendre désepérément le cavalier qui va t’inviter à danser. … Sans commentaire aussi

Ma première tentative de windsurf, c’était à Gorée

Mon premier vrai contact avec la musique, c’était à Gorée

Ca, c’est quelque chose que je n’oublierai pas ! Je me baladais près de l’église et j’ai entendu la chorale répéter. Je suis rentrée les écouter et à la fin je leur ai demandé si je pouvais chanter avec eux. Ils ont dit oui. J’ai chanté … Pendant deux ou trois ans. Je suis même allée au pélerinage de Popenguine…

mon premier sous-tif,

Ca, c’est encore Fio qui me l’a rappelé. Le désespoir total lorsqu’un « vieux » nous a appelé et nous a dit « maintenant, il va falloir mettre un haut à votre maillot de bain »

Lorsqu’on s’est revu avec Fio, elle en a reparlé. Et je me suis souvenue de ma détresse ! Ressembler à une fille quelle idée. Comme on était en maillot toute la sainte journée, c’était les seuls moments où je ne mettais pas de robe. Mais on est des malins à Gorée.

Il était devenu interdit de se balader dans l’ile torse nu, tout ca à cause de ces toubabs qui bronzaient seins nus. Et qui se baladaient presqu’à poils. Nous, on a fait tee-shirt sans manche.

J’en ai d’autres, des souvenirs, ils me reviennent au fur et à mesure que j’écris. Alors, dans des moments de nostalgies, je raconterais encore. Sinon, je garderais ca pour moi

 

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